Facebook espionne les conversations privées |
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Publié le Lundi 16 Juillet 2012 à 15:12 |
Reuters - Facebook utilise un logiciel permettant d'espionner les conversations privées de ses 900 millions d'utilisateurs, afin de traquer d'éventuels criminels et de les dénoncer à la police, rapporte Reuters. Le processus s'illustre par un fait divers américain.
Le 9 mars dernier, un homme d'une trentaine d'années a été arrêté en Floride (Etats-Unis) après avoir été dénoncé par Facebook qui l'avait surpris en train de donner rendez-vous à une fillette de 13 ans. De quoi mettre en lumière le fait que le réseau social scanne automatiquement les conversations privées, par chat ou par message.
Pédophilie et autres "activités illicites"
Selon Reuters, cette technologie passe au crible les discussions afin de traquer les criminels potentiels en recherchant notamment certains mots-clés, sur la base de précédentes discussions de pédophiles condamnés. La différence d'âge entre les deux interlocuteurs, la fréquence de leurs conversations et leur lien d'"amitié" sont également des critères. En cas d'alerte, la conversation est signalée aux équipes de Facebook, qui contactent les autorités.
Interrogé par "le Nouvel Observateur", un porte-parole du réseau social précise : "Cet outil spécifique vise les rares cas d'adultes qui essayent d'utiliser des sites web dans le but d'attirer des enfants. Les cas impliquant [des prédateurs sexuels] sont très rares, mais nous adoptons une approche vigoureuse et agressive pour maintenir les utilisateurs de Facebook en sécurité."
Ce "scan" des conversations ne vise toutefois pas que la pédophilie mais "toutes les activités criminelles". Peuvent être signalées "toutes les activités qui vont à l'encontre des conditions d'utilisation". Dans ces conditions, le réseau social annonce qu'il peut "être amené à partager des informations [...] pour empêcher la fraude ou toute autre activité illicite, pour prévenir tout préjudice corporel imminent ou protéger nos intérêts. Ceci peut inclure le partage d'informations avec d'autres sociétés, juristes, tribunaux ou toute autre entité gouvernementale".
En somme, Facebook se réserve le droit de signaler aux autorités toute activité jugée "illicite", sur la base de conversations privées.
"D'importants contrôles internes"
Un système qui pose de nombreuses questions quant au respect de la vie privée. Deux membres du Congrès américain, Ed Markey et Joe Barton, ont notamment réclamé à Facebook plus d'informations sur la façon dont sont collectées les informations.
Sans donner beaucoup de détails, le réseau social se veut rassurant et explique que le simple fait d'utiliser certains mots-clés ou de faire des blagues entre utilisateurs ne suffit pas à déclencher une alerte. "Nous n'avons jamais voulu mettre en place un environnement où nos employés regardent les communications privées, donc il est très important d'utiliser cette technologie [de détection] qui a un taux très bas de faux positifs [de fausses alertes, NDLR]", explique Joe Sullivan, chef de la sécurité chez Facebook, à Reuters. Le réseau social renchérit : "D'importants contrôles internes régulent l'usage de ces outils pour éviter les abus".
Facebook n'est pas le seul à utiliser un système de passage au crible des messages privés. La messagerie de Google, Gmail, scanne par exemple les e-mails pour proposer de la publicité ciblée.
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Commentaires
Ecrit par riadh ettounsi 20-08-2012 14:19
Ecrit par cicilia 28-07-2012 11:05