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Dimanche 19 Mai 2013         

La Tunisie a-t-elle besoin d’un 2ème Bourguiba pour se reconstruire ?

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Publié le Vendredi 06 Avril 2012 à 13:40
Habib Bourguiba est mort le 6 avril 2000.Le  6 avril 2000, disparaissait Bourguiba, premier président de la Tunisie. 12 ans après sa mort, l’ombre de Bourguiba plane toujours sur la Tunisie. Le souvenir du combattant suprême n’a d’ailleurs jamais disparu de la mémoire des Tunisiens. Nonobstant les tentatives de son successeur, le président déchu, de l’effacer. Après le 14 janvier, Bourguiba est remis en selle à titre posthume. Son œuvre ne fait, toutefois, pas l’unanimité ; elle est glorifiée par les uns et décriée par les autres. A l’image du personnage même, à la fois adulé et honni.

Quoi qu’il en soit, Bourguiba est un personnage clef de l’histoire de la Tunisie moderne. C’est grâce, ou à cause de lui, (ça dépend dans quel camp on se place), que la Tunisie est ce qu’elle est aujourd’hui. Le défunt leader est salué même par ses contempteurs, qui lui trouvent des qualités indéniables. Sa lutte dès le lendemain de l’indépendance contre les archaïsmes et l’ignorance, son fervent engagement pour l’émancipation de la femme, et l’éducation de masse ont profondément transformé la société tunisienne, et en ont fait l’une des plus modernes dans son environnement arabo-musulman. Mais entre son projet sociétal peu ou prou réussi et son projet économique vacillant, c’est son projet politique qui a le plus porté du tort à la Tunisie.

Le père de la nation incarnait le culte de la personnalité dans sa forme paroxysmique. Sa démarche était d’emblée orientée vers la mise en place d’un régime monolithique et autocratique, et le refus pur et dur de toute contradiction. Sa conception étriquée du pouvoir et de son exercice, ont fait de lui un despote éclairé mais intransigeant. Il dédaignait tellement ses opposants, qu’il n’hésitait pas de recourir à la solution extrême pour les mettre hors d'état de nuire : l’élimination physique. L’assassinat de Salah Ben Youssef, et la liquidation des Youssefistes par les Bourguibistes, illustrent le côté impitoyable et sans concessions de l’homme, à l’égard de ceux qui ne pensent pas comme lui.

Ce manichéisme a fortement imprégné le système dictatorial de son successeur, et en a favorisé les dérives mafieuses. Si ce n’était pas Bourguiba, on n’aurait pas eu Ben Ali, une phrase qui revient tel un leitmotiv, mais l’histoire est ce qu’elle est, personne ne peut la changer.

En ce 6 avril, les hommages et les reproches doivent s’entremêler à l’égard de ce personnage controversé ; celui qui a donné à la Tunisie d’une main, ce qu'il lui a ôté d’une autre. Un débat qui ne se dément pas depuis le 14 janvier. Bourguiba est de nouveau d’actualité. De nombreux partis se proclamant de son héritage voient le jour, se présentant comme les continuateurs de ses réformes modernistes.

La "résurrection" de Bourguiba s’est le plus illustrée le 24 mars dernier avec "l’appel à la patrie" ; ce rassemblement alors présidé par Béji Caïd Essebsi. L’ancien Premier ministre a voulu jouer sur la force du symbole, en prélude à la nouvelle coalition des partis nationaux, prédestinée à un rôle de contre-pouvoir d’Ennahdha. Mais, la Tunisie a-t-elle  besoin de regarder en arrière pour se reconstruire ?

Loin de minimiser des actions entreprises par le défunt leader, ne faut-il pas, à ce jour, s’affranchir peu à peu de son emprise, évaluer son règne d’une manière critique, et en tirer les vrais enseignements. Certes cette démarche n’est pas simple, elle reste néanmoins nécessaire, et la balle est d’ores et déjà dans le camp des historiens.

Entretemps, la Tunisie a besoin de se remettre sur pied. Elle a besoin de sang neuf et d’hommes neufs, qui ne soient pas les otages du souvenir d’un homme. Elle  a besoin d’hommes et de femmes libres et patriotes, qui croient en la démocratie et la pluralité, et qui soient à même d’offrir un projet fédérateur, où toutes les opinions et les idéologies peuvent se retrouver dans une démarche de réconciliation et non de confrontation et de rupture. Sur ce point, Bourguiba a tout simplement échoué.
H.J.


 

Commentaires 

 
+1 #12 dictat Bourguiba héros
Ecrit par chehir     26-04-2012 10:01
Bourguiba a usé des outils à sa disposition s'il faut le jugé alors jugeons aussi le Mufti à l'époque des beys qui se sont lavés les mains des affaires politiques et surtout de la colonisation.
Le leadership existera tjs; mais plus de culte de la personnalité les strates du pouvoirs doivent absolument être conscient qu'il y a un traumatisme au sein du peuple et des séquelles qu'il faut ménager.
 
 
-6 #11 un souhait
Ecrit par mokh     07-04-2012 16:41
Avoir un leader comme Bourguiba n'est qu'un souhait.Bourguiba a joué un role très important pour hisser la Tunisie au niveau des pays développés sans jamais pensé à des interets personnels. Je trouve que Bourguiba a bien aimé la Tunisie et les Tunisiens et a fait de son mieux pour les servir, mais malheureusement il y a des gens qui sont méconnaissant. Insulter Bourguiba surtout par un Tunisien c'est une honte.

Malgré tout il reste le symbole de la nation Tunisienne et une personnalité mondiale.

Repose en paix grand père jughorta qui a reussit.
 
 
+6 #10 YAHYA BOURGUIBA
Ecrit par Benzarty     07-04-2012 12:30
الظاهر ان بورقيبة ساهم في اخراج المستعمر الفرنسي و حرر بلادنا من الاحتلال هذا أمام كل التونسيين يسمى بالعمل البطولي و هذا ما يتداوله كل الناس و لكن يجب ان نعرف ماهي التنازلات التي تنازل عنها بورقيبة لترضى عنه فرنسا ؟؟؟؟ هذه التنازلات مست من الهوية العربية الاسلامية للبلاد منها التعليم و تحرير المراة و التخلص من كل ماهو اسلامي في ذلك الوقت منهم اليوسفيين الذين استشهدوا على يده و بأمره و بأمر فرنسا ... هل هذا يمكن اعتباره بطولة ؟؟؟؟
 
 
+12 #9 RE: La Tunisie a-t-elle besoin d’un 2ème Bourguiba pour se reconstruire ?
Ecrit par Jughurta     06-04-2012 21:45
La Tunisie n'a pas besoin d'un troisième dictateur avec sa pensée unique, son parti unique et sa légitimité unique pour gouverner à vie forfaitairement ou par tranches
 
 
+12 #8 Ah, NON! Deux fois, ça suffit!
Ecrit par SDF     06-04-2012 19:08
Bourguiba est mort et enterré, et je ne le regrette pas!
Les Tunisiens n'ont JAMAIS été naïfs, ils ont toujours su que le salut ne pouvait venir que d'eux mêmes.
Alors pleurer après un leader d'opérette, ou espérer un nouvel homme fort (pour ne pas dire dictateur en devenir), c'est kif kif bourricot : autant demander le retour de zaba!

Nous avons déjà expérimenté l'option leader et nous avons obtenu une dictature en héritage.

Alors, mille fois NON! Cherchons notre propre voie ensemble, quel que soit le temps qu'il nous faudra et méfions nous des hommes providentiels et de leur remèdes de cheval. Ils ne servent en réalité que leur propre intérêt et celui des banquiers suisses!
 
Ces commentaires n'engagent que leurs auteurs, la rédaction n'en est, en aucun cas, responsable du contenu.

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