La Tunisie a accueilli la première délégation européenne officielle après les élections. Le président, Pier Antonio Panzeri a affirmé le soutien de l’Union Européenne : « La Tunisie est un formidable laboratoire de réformes. Ce pays peut devenir une référence ».
Il s’agit de la première mission de parlementaires européens depuis les élections à l’Assemblée constituante. Présidée par l’italien Pier Antonio Panzeri, la délégation est arrivée pour réaliser trois objectifs, à savoir l’évaluation de l’état de la transition démocratique, les besoins en terme de coopération avec l’UE et l’utilisation des fonds de coopération et d’assistance.
Aide économique et sociale
« Le Parlement européen est disposé à contribuer au développement économique et social de la Tunisie et au renforcement de sa démocratie », a souligné Panzeri qui a dressé un bilan positif de la transition qui se déroule en Tunisie : « Nous avons constaté une grande volonté des responsables tunisiens d’aller de l’avant et d’emprunter le bon chemin du développement. C’est primordial pour pouvoir relever les défis qui attendent la Tunisie. Cela doit passer, en grande partie, par une réforme radicale de la justice qui doit être indépendante ».
Cette aide proposée par l’UE impliquera-t-elle une ingérence dans les affaires internes de la Tunisie ? Panzeri répond sans aucune ambigüité : « Nous n’avons aucune intention de dicter aux tunisiens ce qu’ils doivent faire. Ce pays s’est soulevé contre le despotisme, son peuple est responsable et il sait ce qu’il veut ».
Les exigences de l’UE pour fournir de l’aide sociale et économique à la Tunisie sont claires : Répondre aux demandes de la population en termes de justice sociale et d’emploi ainsi que la poursuite judiciaire des violations flagrantes des droits de l’homme, ce qui aura pour effet d’instaurer un climat de confiance entre le citoyen et le pouvoir judiciaire. La question de l’argent spolié qui se trouve dans les banques du vieux continent est posée dans la foulée. Panzeri rappelle que ce problème sera résolu : « Cela dépend des législations nationales appliquées dans chaque pays européen. Il y a certains obstacles qui doivent être franchis. L’UE suit ce dossier et tout viendra en temps opportun ».
La Tunisie, un partenaire stratégique
Panzeri a par la suite affirmé que la Tunisie a une place prépondérante dans le bassin méditerranéen et que c’est un partenaire privilégiée de l’UE : « Nous pensons que ce pays a un énorme potentiel et qu’il peut devenir une référence pour ses voisins. C’est un énorme laboratoire de réformes. Après, tout dépendra de la volonté de tous d’aller dans le droit chemin. Il faut que le gouvernement et l’opposition travaillent main dans la main pour faire de la Tunisie un modèle à suivre ".
Les blessés de la révolution ? Pour Panzeri, c’est une affaire interne. Il rappelle : « C’est aux dirigeants tunisiens de trouver des solutions fiables pour ce problème et répondre aux exigences des victimes et de leurs familles. Financer l’hospitalisation des blessés ? Cela pourrait-être fait. C’est aussi pareil pour la Libye voire même l’Egypte. Il y a déjà des accords bilatéraux avec l’Allemagne. Si d’autres pays sont sollicités, je pense qu’ils répondront positivement ».
Pour une Tunisie meilleure, Panzeri esquisse un sourire et souligne l’importance des médias : « Il faut raconter les choses comme elles sont et ne pas hésiter à critiquer vos dirigeants quand il le faudra. Le rôle des médias sera déterminant pour jeter les bases d’une Tunisie libre et prospère. Que chacun prenne ses responsabilités ».
Selim Slimi
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Commentaires
Ecrit par Léon 04-04-2012 23:15