L’Instance nationale pour la réforme de l’information et de la communication a présenté lundi matin son rapport final et tenu, au palais des congrès, une conférence de presse durant laquelle ses membres sont revenus sur leur volonté de voir le Tunisien bénéficier d'une information libre et indépendante.
Visant à hisser l’information et de la communication à la hauteur des objectifs de la révolution, le rapport comporte un diagnostic de la situation du secteur et un aperçu du travail effectué par l’INRIC entre mars 2011 et avril 2012. Au cours du point de presse, Kamel Laâbidi, président de l’Instance a déclaré que « depuis la dissolution du ministère de la communication et la disparition de la répression, les plateaux de télévision et de radio et les colonnes de journaux sont devenus des espaces de pugilat politique. La mise en place d’une instance indépendante afin de réformer le secteur est devenue nécessaire ».
Cette instance a été également chargée de présenter des recommandations pour améliorer le rendement des entreprises d’informations et de communication. Ainsi, l’INRIC a proposé dans son rapport d’inscrire dans la nouvelle constitution le principe de la liberté d’expression, de presse, d’information et de communication numérique, de conférer à la Haute Autorité Indépendante de la Communication Audiovisuelle un statut constitutionnel et d’accélérer l’entrée en vigueur effective des décrets-lois N115 et 116.
L’INRIC recommande aussi de constituer des conseils de rédactions au sein de toutes les entreprises publiques de presse, de fixer leurs attributions et d’énoncer dans les textes de loi la protection du droit et de la liberté d’opinion du secteur de la presse électronique.
En ce qui concerne les agences, l’Instance a proposé de désigner un directeur central de la rédaction sur appel à candidature et sur concours et de mettre à la retraite anticipée les agents impliqués avec l’ancien régime. Enfin, l’autre recommandation qui attire l’attention concerne l’ATCE. Selon l’Instance, il est nécessaire de dissoudre cette agence et d’ouvrir une instruction judiciaire contre les personnes impliquées dans des affaires de malversation.
Au cours de sa mission, l’INRIC a rencontré beaucoup de difficultés pour obtenir certaines informations qui concernent en particulier les documents se rapportant aux aspects financiers dans les entreprises publiques, essentiellement des archives de l’agence tunisienne de communication extérieure (ATCE).
L’INRIC a conclu après 13 mois de travail les années de dictature, de corruption, d’achat de conscience et d’hostilité primaire envers la presse et les journalistes indépendants ont légué un héritage désastreux.
L’INRIC a annoncé également qu’elle et la haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution ont fait beaucoup d’effort pour la promulgation de deux décret-loi sur la liberté de presse, d’impression et d’édition et sur la liberté de la communication audiovisuelle.
Les membres de l’Instance ont tout de même avoué que le nouveau gouvernement fait preuve de réticence à mettre en application les nouvelles législations. Ils pointent également du doigt le gouvernement pour avoir refusé d’adopter des règles objectives et transparentes pour la désignation des responsables à la tête des entreprises publiques de presse. Enfin, l’autre point qui dérange l’instance concerne la multiplication des agressions contre les journalistes et la tentative de remettre la main sur les médias publics.
La conférence, qui s’est déroulée en présence de plusieurs journalistes indépendants, a vu les membres de l’INRIC critiquer le nouveau gouvernement. Kamel Laâbidi a qualifié de ridicule la récente déclaration d’Amer Laârayedh, qui a appelé à privatiser la télévision nationale. Le président de l’INRIC a aussi dénoncé la manière avec laquelle Habib Belaid a été limogé de son poste de directeur de la Radio Nationale et rappelé que le gouvernement a intervenu pour qu’Ikbel Gharbi et Elyes Gharbi quittent respectivement la radio Zitouna FM et Shems FM. Enfin, Laâbidi a déclaré que des personnes étrangères se sont immiscées dans les affaires du secteur sous prétexte de « le nettoyer ».
Les membres de l'Instance ont vivement critiqué la tenue de la conférence nationale autour du secteur de l'information avant la publication du rapport. Certains intervenants ont même avoué être à la fois déçus et choqués de voir des personnes proches de l'ancien régime assister à cet évènement.
Plus direct, Neji Bghouri, journaliste et ancien président du syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), a accusé Lotfi Zitoun de jouer le rôle de ministre non-déclaré : « Il est le nouveau ‘AbdelWahhab Abdallah’. C’est comme si le gouvernement ne souhaite pas la mise à niveau du secteur. Je suis convaincu qu’il y a l’intention de déranger notre instance. Je rappelle que le premier gouvernement ne s’est pas immiscé dans notre travail ».
Kamel Laâbidi a fait savoir que le premier ministre, Hammadi Jebali, lui a promis de laisser les personnes concernées s’occuper du secteur. Une journaliste présente a tenu à réagir suite à cette déclaration : « Le premier ministre peut dire ce qu’il veut. C’est Ghannouchi qui décide. Il décide de tout d’ailleurs. Les promesses ne seront pas tenues. J’étais présente durant la consultation nationale que je qualifie de conférence Rcdiste Nahdhaouie tenue par des personnes qui rédigeaient des rapports pour Abdelwahhab Abdallah. Je souhaite m’adresser à Lotfi Zitoun : N’oubliez-pas ce qui est arrivé à l’ancien ministre ».
Anis Ben Othman
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Commentaires
Ecrit par Benzarty 03-05-2012 12:26
Ecrit par Le Baron 01-05-2012 14:10
depuis un an que cet homme bosse avec son équipe pour nous sortir ces conneries sur les médias c'est qu'ils nous prennent pour des imbéciles heureux! vraiment c'est inadmissible!! cette commission veut nous faire avaler que les médias locaux sont irréprochables en phase avec la révolution n'ont commis aucune faute .
si on regarde bien cet article on vois bien que l'auteur est loin d’être impartial si la première partie porte sur les recommandations de l'inric toute la deuxième partie comporte des critiques infondées contre le gouvernement on remarque bien le déséquilibre qui dénote du manque de professionnalisme
Ecrit par consultant 01-05-2012 09:24
AVEC UN PETIT PROVERBE TUNISIEN IL A RÉUSSI A REPONDRE A DES GRANDS DISCOURS STÉRILES ET HYPOCRITES .
Ecrit par BABA LAHNINE 30-04-2012 22:51