Tunisie, la privatisation de la télévision publique : c'est mal à propos !
Publié le Jeudi 19 Avril 2012 à 15:25
La bataille rangée entre les politiques et les médias n'a pas l'air de connaître son épilogue de sitôt. Bien au contraire, les malentendus virent à la rupture. Les rapports entre ces deux milieux, condamnés à se côtoyer, sont basés sur une défiance telle, que tout rétablissement de confiance semble, en l'état actuel, hypothétique.
Les médias sont-ils devenus un bouc émissaire, voire un péché expiatoire à travers lesquels, on cherche à évacuer tous ces maux qui rongent la Tunisie postrévolutionnaire. Accusés de légèreté, d'incompétence, de dramatisation, de mensonge... les médias, dont l'image est déjà dégradée aux yeux du public, peinent à redorer leur blason. Dans l'effervescence révolutionnaire, ce n'est pas tant les rapports entre médias et public qui défraient la chronique, mais plutôt, leurs rapports avec les politiques, singulièrement avec le mouvement Ennahdha, aujourd'hui au pouvoir.
Depuis l'accession d'Ennahdha aux commandes, en tant que parti majoritaire qui dirige la coalition tripartie au pouvoir en Tunisie, les tensions et les crises n'ont guère cessé dans ses relations avec les médias. Même si en ordre général, les rapports entre politiques et journalistes sont complexes y compris dans les pays où la presse est traditionnellement libre, en Tunisie de l'après 14 janvier, la situation reste atypique au regard particulièrement de l'histoire. Tout d'abord, les journalistes, en majorité anciens panégyristes attitrés du régime déchu, se sont transformés en contempteurs impénitents du pouvoir en place, le vilipendant à tout va. Une attitude qui s'expliquerait par une volonté de revanche contre un passé lourd où les journalistes étaient muselés et inféodés, toute propension de désobéir à l'ordre était alors impitoyablement punie. Précarisés et humiliés, les médias avaient à cœur, depuis la chute du régime, de ne pas revivre cette période noire, où on a usé d'eux comme de méprisables outils de désinformation et de propagande.
Après la révolution, les journalistes qui sont avant tout des citoyens tunisiens, tout autant victimes du traumatisme post-révolutionnaire, ont brisé les chaînes de la peur, à l'instar de l'ensemble du peuple. Jamais ils n'avaient les coudées franches d'agir librement, et ils ne s'en sont point privés. Dans ce processus de reconversion, certains d'entre eux ont confondu, consciemment ou inconsciemment, information et sensationnalisme, critique et diffamation, révélations et calomnies ; au grand dam de leur crédibilité déjà fragilisée. Nonobstant les faux pas et les erreurs, le paysage médiatique a été profondément métamorphosé, il s'est ouvert sur toutes les tendances politiques et idéologiques, et a accompagné la transition démocratique enclenchée depuis. Personne ne peut nier cette mue des médias, et les efforts fournis ici et là pour en améliorer la prestation et être en phase avec l'histoire.
Ensuite, les actuels dépositaires du pouvoir, en majorité d'anciens opposants, à qui le régime déchu a fait voir des vertes et des pas mûres. Sortis de longues années de prison, d'exil et de répression, où les médias ne sont guère venus à leur secours, ils bénéficient, de facto, d'un droit de voir leur combat politique couronné, auquel s'ajoute la légitimité des urnes.
La nouvelle classe dirigeante tient les rênes du pays pendant une période rude émaillée de défis ; elle est appelée à répondre à des attentes populaires aussi urgentes les unes que les autres. Une situation difficilement gérable, les nouveaux responsables politiques n'ont pas su, par moments, apporter des réponses qui satisfassent les couches populaires et les apaisent. Les choses ont tourné, parfois, à l'affrontement. Comment les médias doivent-ils agir, dans le cas d'espèce ? Ils doivent faire leur travail, en respectant les règles déontologiques, sans être aucunement contraints à une quelconque forme de complaisance envers le gouvernement, ou d'une quelconque allégeance envers l'opposition.
Par définition, les médias se tiennent toujours du côté du peuple, et cherchent inlassablement les grâces de l'opinion publique. Ils sont dans l'obligation de faire preuve de professionnalisme, et de révéler la vérité aux téléspectateurs, auditeurs et lecteurs, qui sont les seuls juges de la qualité de leur travail. Ceci nous amène à parler de cette énième déclinaison du débat médiatique qui ne se dément pas, soit l'éventualité de privatisation des médias publics posée par Ennahdha. La télévsion publique est, en l'occurrence, dans le collimateur. Penser à la céder aux privés serait une marche à reculons, voire une faute monumentale.
La télévision publique, même si elle gagne à se réformer en profondeur, est et doit demeurer la propriété du peuple. Elle lui est redevable d'une information objective et impartiale. La télévision publique ne doit agir ni pour le compte du gouvernement ni à son encontre, mais doit mener le combat de la vérité, mue par le seul devoir d'éclairer la lanterne des Tunisiens, de refléter leurs soucis et souffrances et de véhiculer leurs revendications et attentes.
Les médias publics doivent rester à l'abri de toute influence de l'argent, ou du pouvoir afin qu'ils puissent servir loyalement le peuple. Les tensions entre les politiques et les médias ne doivent pas engendrer des solutions extrêmes et des surenchères où les premiers se résolvent à faire ployer l'échine des premiers, faute de pouvoir les amadouer. Au lieu de cela, les politiques doivent entamer une réflexion sérieuse autour du secteur de l'information en vue de sa réforme.
Puisque personne ne peut prétendre réinventer la roue, il n'y a qu'à s'inspirer de l'expérience des pays où la démocratie est séculaire. Jamais la reine d'Angleterre ou le Premier ministre britannique ne se sont hasardés à dompter la puissante BBC pourtant publique. Il en va de même de la France où les tentatives du président sortant de mettre la main, au début de son mandat, sur le secteur des médias ont été vaines. Dans l'hexagone, la télévision publique est beaucoup plus dure avec le gouvernement qu'avec l'opposition, personne ne la taxe pourtant de complot ou de traîtrise. Idem pour les journaux qui sont très redoutés par les politiques, et qui ne cessent de les faire trembler. Dans ces contrées, la presse constitue réellement un quatrième pouvoir ; son organisation obéit à des règles strictes dont la violation est passible de lourdes sanctions. Cela relève du pouvoir discrétionnaire d'instances de régulation indépendantes tatillonnes sur les dérapages, et promptes, si besoin est, de s'en remettre à une justice indépendante.
La démocratie équivaut à un Etat de droit où les institutions sont indépendantes, transparentes et fortes. Une démocratie ne se construit pas par les fulminations, mais par la construction d'un édifice solide et normé. Autrement, il faut en finir avec les susceptibilités, et les invectives qui font "mouche" et qui font traîner en longueur des débats inutiles et nous détournent de l'essentiel.
0#10avez-vous peur de privatisation ? Ecrit par ryan lotfi28-04-2012 14:07
La mondialisation a touché tous les secteurs économiques. Alors, privatiser les medias publics est une opération comme une autre. C'est le marché de l'offre et de la demande qui va déterminer et assurer soit la continuité ou la disparition de ces medias . Donc si les medias publics sont valables , de quoi avez-vous peur ????
+1#9ultralibéralisme wahabite Ecrit par Royaliste23-04-2012 16:49
je défi le khalifa de trouver un investisseur qui veut acheter la TV nationale.
un établissement en faillite depuis toujours
les nouveaux investisseurs vont investir dans une nouvelle chaine et ne seront pas interessé a acheter et restructurer la TV nationale.
Par ailleurs, Nahdha nous dévoile sa pensée économique : ultralibéralisme, Zaba a privatisé la moitié de la Tunisie, Nahdha va vendre l'autre moitié.
bientot on va privatiser les hopitaux aussi? la poste? pourquoi pas les cimetiaires?la fin sera une faillite de la Tunisie comme en Argentine.
+2#8Bataille entre qui et qui ?? Ecrit par khammous21-04-2012 20:29
°°Bataille entre politiques et médias ??? °° FAUX c'est plutôt une agression caractérisée des nouveaux gouvernants contre les médias..Ceux ci n'acceptent pas ou n'acceptent plus de redorer le blason des ministres et autres.. ILS EN ONT RAS LE BOL DE CETTE MISSION ....Admettons que il est vrai que au temps de ZABA les médias étaient convenant avec son régime ce n'est sûrement pas une raison qu'ils continuent.. Si ils étaient peu courageux à l'époque comme la majorité écrasante des Tunisiens on ne peut pas les blâmer de s"être enhardis avec la Révolution.. AU CONTRAIRE CELA PROUVE QU'ILS ONT SAISI LE SENS DE LA REVOLUTION .. ... GO Messieurs et Mesdames les journalistes nous sommes avec vous et pour votre liberté GO !!!
Je tiens à préciser, que PPDA n'est pas du tout de gauche. Il a une sensibilité vers la droite. Et d'ailleurs, il a été pour quelque chose dans la privatisation de TF1 (il y avait une histoire de querelle entre une majorité de journalistes de gauche (dont Christine ockrent , Claude Serillon,Laurent Leroy, Michel Polac..) et une minorité dont PPDA de droite dans antenne2 )
le Figaro n'est pas du tout le bon exemple à citer!!! c'est un journal dont la tendance a toujours était de droite! Liberation est traditionnelement à gauche. l'Humanité est encore plus à gauche, communiste.
chacun achète ce qu'il veut selon ses idées! pas besoin de sit in à la barbu!
quand à leur télé publique, elle reste une télé d'état qui rapporte la réalité du pays! bonne ou mauvaise! TF1 est privé et elle est plus ou moin contrôlé par la droite! la preuve, le limogeage de PPDA
En résumé, même si Hollande sera président, le Figaro ne changera pas! cette idée d'épuration des medias ne vient que de chez nous
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Commentaires
Ecrit par ryan lotfi 28-04-2012 14:07
Ecrit par Royaliste 23-04-2012 16:49
un établissement en faillite depuis toujours
les nouveaux investisseurs vont investir dans une nouvelle chaine et ne seront pas interessé a acheter et restructurer la TV nationale.
Par ailleurs, Nahdha nous dévoile sa pensée économique : ultralibéralisme,
Zaba a privatisé la moitié de la Tunisie, Nahdha va vendre l'autre moitié.
bientot on va privatiser les hopitaux aussi? la poste? pourquoi pas les cimetiaires?la fin sera une faillite de la Tunisie comme en Argentine.
Ecrit par khammous 21-04-2012 20:29
FAUX c'est plutôt une agression caractérisée des nouveaux gouvernants contre les médias..Ceux ci n'acceptent pas ou n'acceptent plus de redorer le blason des ministres et autres..
ILS EN ONT RAS LE BOL DE CETTE MISSION
....Admettons que il est vrai que au temps de ZABA les médias étaient convenant avec son régime ce n'est sûrement pas une raison qu'ils continuent..
Si ils étaient peu courageux à l'époque comme la majorité écrasante des Tunisiens on ne peut pas les blâmer de s"être enhardis avec la Révolution..
AU CONTRAIRE CELA PROUVE QU'ILS ONT SAISI LE SENS DE LA REVOLUTION .. ...
GO Messieurs et Mesdames les journalistes nous sommes avec vous et pour votre liberté GO !!!
Ecrit par hb 21-04-2012 09:25
Ecrit par lecteur 20-04-2012 16:32
Liberation est traditionnelement à gauche.
l'Humanité est encore plus à gauche, communiste.
chacun achète ce qu'il veut selon ses idées! pas besoin de sit in à la barbu!
quand à leur télé publique, elle reste une télé d'état qui rapporte la réalité du pays! bonne ou mauvaise!
TF1 est privé et elle est plus ou moin contrôlé par la droite! la preuve, le limogeage de PPDA
En résumé, même si Hollande sera président, le Figaro ne changera pas!
cette idée d'épuration des medias ne vient que de chez nous