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Dimanche 26 Mai 2013         

Tunisie/La religion et l'Etat, quelle équation possible?

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Publié le Mercredi 11 Avril 2012 à 18:38
«Le centre d’Etude de la Démocratie et de l’Islam» a organisé aujourd’hui à Tunis une conférence intitulée « La religion et l’Etat dans la nouvelle constitution », animée par deux penseurs tunisiens, Ahmed Labyedh et Alaya Allani.
 
Le premier est docteur et chercheur en sociologie, activiste sous l’ancien régime ayant passé 16 ans en prison, et membre de la commission constitutive du Mouvement Ennahdha.
 
«Ennahdha a accédé au pouvoir par les urnes, et les opposants d’Ennahdha exposent la chariaa comme étant un ensemble de lois dures, une vision partagée par les salafistes qui exigent son application. En revanche, la chariaa est d’abord préciser la mission des prophètes mais aussi un appel à apprendre à aller au-delà de ce que l’on voit, à lire et à déchiffrer le monde à travers les sciences exactes », dit-il.  Le docteur Labyedh a durant son intervention, défendu l’idée d’introduire la loi islamique dans la gestion de l’Etat, et par conséquent dans le texte constitutionnel. Il a aussi précisé le cadre de ses prérogatives, l’Etat se doit de répondre aux attentes de ses citoyens, dans le cadre d’un projet sociétal sain. 
 
«Toute expérience humaine est bonne pour s’en inspirer. Je considère que l’expérience norvégienne est un exemple qui mérite de l’intérêt…En Norvège, on encadre l’enfant dès son plus jeune âge ; pour qu’il ne porte pas d’affections psychologiques ou qu’il ait du ressentiment envers la société et pour qu’il ne devienne pas un malfaiteur. C’est pour quoi la société a un rôle important, elle doit se remettre en question et prendre ses responsabilités ».
 
Selon lui, reproduire les modèles étrangers tels qu’ils sont, est une erreur, arguant que « le cadre spatio-temporel et culturel est autre…comme ceux qui veulent calquer les idées marxistes alors qu’elles sont dépassées », dit-il.
 
Ahmed Labyedh explique que la raison de la venue de l’Homme sur terre « est son amour pour le pouvoir,  la vie éternelle et de la suprématie», évoquant ainsi l’histoire d’Adan et Eve, qui vivaient au Paradis jouissant de tous les droits, sauf celui de toucher à un arbre. Pensant qu’il s’agit du fruit du pouvoir et de la vie éternelle, ils y ont succombé.  « Pour ceux qui désirent accéder au pouvoir, ceci est légitime mais ils sont tenus d’une mission, réaliser les attentes du peuple, parce que le vrai détenteur du pouvoir est le peuple ». Il a à cet effet cité plusieurs versés coraniques qui précisent que le pouvoir des gouvernants doit être accordé par le peuple et dans le seul but de servir les intérêts de celui-ci. « Ne peut faire partie de nous celui qui vend le pays et les gens, ne peut faire partie de nous celui qui complote contre son peuple, ne peut faire partie de nous celui qui s’accapare les richesses, et plein d’autres exemples encore que l’on peut voir à travers l’histoire », ajoute-t-il.
 
Il termine avec la conclusion que le pouvoir au final ne revient à personne, et qu’il n’existe aucun musulman qui a un plus haut grade que son semblable, sauf pour lui prêter conseil.
 
Ce fût ensuite le tour du professeur Alaya Allani, professeur d’histoire contemporaine à la faculté des Lettres et des Sciences Sociales de la Manouba et auteur du livre « Les mouvements islamistes dans le monde arabe ; le modèle tunisien », d’intervenir : « La religion musulmane, est celle de la Tunisie depuis des siècles. Mais le sujet de la religion et de l’Etat ne s’est posée qu’après l’indépendance, à la veille de l’écriture de la constitution de 1959. Le débat a alors commencé en 1958…Il y a ceux qui voulaient un Etat laïc, et d’autres qui voulaient un Etat islamique…et après un long débat il s’est avéré que les Tunisiens se réunissent autour de l’Islam, mais qu’il existe des visions différentes au sujet des spécificités…Voilà pourquoi l’article premier de la constitution possède la forme que nous lui connaissons aujourd’hui. Le reste de la législation a été rédigé selon la raison et le consensus comme dans le code du statut personnel concernant le droit successoral qui touche à la femme», dit Alaya Allani, en ajoutant que ce qui est plus important actuellement «  est de préciser les libertés dans la constitution et nommer les choses par leur nom, et que les textes soient clairs et précis pour ne pas refaire les mêmes erreurs que dans la constitution précédente : à savoir énumérer un nombre de libertés comme celle de se déplacer, de s’exprimer, du culte etc…en mentionnant à la fin que ces libertés peuvent être exercées« dans le cadre de la loi », ouvrant ainsi le champs au législateur pour qu’il arrête ce qui est autorisé de ce qu’il ne l’est pas ». 
 
Le professeur Allani a évoqué les propositions de constitution faites par Ennahdha d’une part, et Yadh Ben Achour de l’autre, proposant deux modèles différents dans la conception de l’Etat et de son rapport à la religion « Les courants libéraux et islamistes s’opposent à ce sujet. La religion est la même, mais la vision du pouvoir et de l’Etat diffère. Par exemple, après le décès du prophète de l’Islam, trois des Califs qui lui ont succédé ont été tués. Et cela au nom du pouvoir et non pas au nom de l’Islam…Les religieux d’aujourd’hui refusent même de se prononcer sur certains faits historiques, comment voulez-vous alors imbriquer la religion et les affaires de l’Etat, alors que certaines notions de la chariaa et de la sunna ne font pas l’unanimité, et ne sont pas interprétés de la même manière ! Quand la constitution est rédigée d’une certaine manière, cela peut créer un conflit (Al fitna), car chacun a une explication de certains préceptes, différente de celle de ses semblables», précise-t-il.
Chiraz Kefi
 
 

Commentaires 

 
+1 #7 Point final
Ecrit par Tunisian     17-04-2012 23:34
Je me demande pourquoi On complique les choses, pourtant la route d’un Tunisien est très Claire: Un Tunisien n’est pas bête, il sait quoi faire il vie très bien a la tunisienne. Et n’oublier pas qu’il est mouslum modéré.
C’est le dirigent qui commet toujours des fautes depuis.
 
 
0 #6 monsieur
Ecrit par paopo     17-04-2012 10:56
en cas ou nous voulons costruire un nouvea Pakistan, Afghanistan au nord d'Afrique alors il vaut un etat tunisien islamique comme ça le peuple tunisien a la fortune de prouver la dictature islamiche apres celle Benaliana.Je suis triste solements pour les martires de la revolution. Chaque citoyen doits faire un tour touristique dans le suivants pays pour comprendre le risque de un gouvernement religious: Iran,Afghanistan;Pakistan;Arab e saudite; e je suis pres à payer un billet de seule aller a tous les membre du parti" Ennahdha" e leures soutient pour les destinations dejà mentioner.
 
 
-1 #5 7 ans de prison, me parlez pas de constitution pour tous
Ecrit par riadh     12-04-2012 11:27
j allais commenter, mais maintenant je comprend que je risque 7 ans de prison si je vous explique en quoi je crois au niveau religieux...

alors oui allez faites un Etat religieux musulman, juste dite moi quand et ou je dois renvoyer mon passeport tunisien
 
 
+5 #4 Equation absurde
Ecrit par Fan-Club     12-04-2012 10:50
Il n’y a pas de Tunisie « fanatique » ou « intégriste ». Il n’y a pas non plus de Tunisie « sécularisée » ou
« athéee ».

Tout Tunisien continue à recourir au ciel (Rabbi) pour donner un sens à sa vie & préfère vivre sa foi dans l’intimité de sa vie privée. Ce que la majorité oppose, c’est l’utilisation de la religion dans la gestion des affaires et relations économiques, juridiques, politiques, géostratégiques, etc.

Il est donc important de ne pas “institutionnaliser” le conflit entre deux “faux” modèles islamiste et moderniste car cela fera le jeu des ennemis de la liberté...Les Tunisiens sont tout simplement contre tout groupe ou parti qui se sert d’une appellation spirituelle et de quelques “préceptes” religieux pour déguiser en sacré ses velleités ou son desir de domination.

Le futur gouvernement aura à repondre du nombre de travailleurs dans les usines plutôt que le nombre de fidèles dans les mosquées ...
 
 
+4 #3 RE: Tunisie/La religion et l'Etat, quelle équation possible?
Ecrit par Tunisian abroad     12-04-2012 09:08
Rubbish!
 
Ces commentaires n'engagent que leurs auteurs, la rédaction n'en est, en aucun cas, responsable du contenu.

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