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Mardi 21 Mai 2013         

Tunisie:«La diplomatie doit être stable et loin des calculs politiques»

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Publié le Vendredi 06 Avril 2012 à 23:04
L’association  des études internationales a organisé aujourd’hui à Tunis, en collaboration avec l’Association des Anciens Consuls et Ambassadeurs, un colloque intitulé «  Quelle diplomatie tunisienne après la révolution ? ». Le ministre des Affaires étrangères Rafik Abdessalem, a donné à cette occasion une conférence où il est revenu sur plusieurs questions caractérisant la diplomatie en général et la diplomatie tunisienne en particulier. 

« Il est difficile de concilier entre les termes révolution et  diplomatie, car la diplomatie est plus liée à l’Etat qu’à la révolution. La diplomatie est à la base l’expression logique et sensée des intérêts nationaux dans le cadre de la raison d’Etat, tandis que dans le cas d’une révolution, les ambitions sont très élevées, voire utopistes, à la recherche un nouveau modèle politique…», a-t-il commencé.
 
En effet, le défi est de créer une nouvelle diplomatie tout en conciliant intérêt national et objectifs de la révolution. « En fait, il faut réformer ce qui doit être réformé et améliorer ce qui pourrait être amélioré dans la diplomatie tunisienne, tout en renforçant les acquis. La diplomatie tunisienne n’est pas née avec ce gouvernement, mais elle a une histoire et des coutumes, nous sommes censés prendre ceci avec beaucoup de pragmatisme et de bon sens…La politique étrangère est essentiellement menée non pas sur la base d’intérêts partisans, personnels ou régionaux, mais sur les intérêts du pays », a expliqué le ministre
 
Rafik Abdessalem a ajouté que ce qui dessine les contours de la politique étrangère est d’abord la puissance coercitive « Hard Power », qui se traduit par la force économique et militaire. Mais aussi la puissance douce «  Soft Power », qui est la culture, la civilisation et l’histoire d’un pays. « Plus le pays est doté d’une forte puissance coercitive, plus il arrive à diffuser sa culture, comme  c’est le cas des Etats-Unis, qui exporte une certaine manière de vivre».

Il ajoute que la Tunisie est tenue d’assurer une politique étrangère dynamique et efficace, qui prend en considération ses intérêts économiques et sociaux. Il a évoqué l’importance majeure des deux pays voisins, la Libye et l’Algérie et leur rôle dans la préservation de la stabilité de la Tunisie : « la sécurité nationale dépend fortement de la situation sécuritaire dans ces pays voisins, tout comme nos intérêts économiques respectifs. C’est pour quoi les premières visites officielles effectuées dès que nous avons investi nos fonctions, ont été pour la Libye, le Maroc, l’Algérie et la Mauritanie, dans le but de ressusciter le Maghreb arabe ». Le ministre a d’ailleurs, à plusieurs reprises insisté sur l’importance du cadre maghrébin dans lequel évolue la Tunisie et de la nécessité de le renforcer. 

Il a ensuite, évoqué sa vision des relations diplomatiques avec le continent européen : «L’Europe c’est d’abord le cercle méditerranéen, et ensuite le cercle continental. 33% des échanges commerciaux de la Tunisie se font avec l’Union Européenne. Nous avons intérêt à renforcer ces relations économiques et stratégique…C’est pour quoi nous œuvrons pour concrétiser le statut avancé de la Tunisie. Ce statut est important. Cette coopération économique doit être concrétisée, notamment par l’ouverture du marché européen aux produits agricoles tunisiens, l’une de nos principales conditions».

Une autre dimension, les relations diplomatiques avec le monde arabe. Le ministre des Affaires étrangères a réitéré l’importance d’accordée aux pays du Golfe aussi bien qu’aux pays orientaux, et arabes. 
«Certains se demandent pourquoi cet intérêt pour les pays du Golfe ! D’abord le Golfe fait partie du monde arabe, un monde auquel nous appartenons, de par le lien de la langue, de la culture et de l’histoire. Ensuite, viennent les intérêts économiques, ce qui est légitime. La réalité c’est que suite à la crise économique mondiale, plusieurs pays ont demandé de l’aide financière aux pays du Golfe, alors que nous considérons que nous sommes prioritaires de par nos relations fraternelles de bénéficier de cet apport… », a dit le ministre. Il a toutefois rappelé que la Tunisie doit se tourner également vers l’Afrique d’où elle puise son origine, pour bâtir de nouvelles relations économiques et commerciales. 

Au sujet de la souveraineté, le ministre a précisé que la question de la souveraineté n’est plus ce qu’elle était auparavant, et que la conception a évolué à travers les temps, devenant une notion plus globale, avec la montée de coalitions. « Nous tenons certes à notre souveraineté nationale, mais que celle-ci soit renforcée par l’entraide arabe et maghrébine. Ceci nous aiderait même à préserver nos intérêts nationaux et notre souveraineté... Un de nos objectifs c’est instaurer un ordre international plus juste et équitable envers les pays les plus faibles et les plus petits ».
 
Lors de cette rencontre, plusieurs anciens diplomates tunisiens ont adressé un nombre de questions au ministre actuel des Affaires étrangères, notamment concernant les nominations diplomatiques actuelles et les investissements et aides étrangers qui tardent à parvenir.

«Les promesses d’investissements sont multiples, mais le plus important c’est la bonne gouvernance et la transparence des institutions de l’Etat pour encourager la concrétisation de ces promesses», a répondu Rafik Abdessalem.
Concernant les nominations, le ministre a précisé qu’il était question « de nommer la bonne personne à la bonne place. Nous avons les compétences nécessaires et les nominations se feront selon certains critères, qui sont le mérité et l’intégrité, avec une certaine représentativité politique, sans exagération. Le but est que les relations diplomatiques soient stables et servent l’intérêt national, en dehors de toute considération partisane ou calculs politiques».

Interrogé sur les raisons de son absence du sommet arabe tenu la semaine dernière en Irak, Rafik Abdessalem a répondu, « Nous devions répondre à l’invitation officielle du ministre britannique des Affaires étrangères. Nous  nous sommes désistés une première fois à cause du sommet arabe au Caire, nous ne pouvions pas nous désister une deuxième fois. La Tunisie n’était pas absente au sommet de Bagdad, le secrétaire d’Etat Abdallah Triki est parti nous représenter aux côtés du Président de la République ».
Chiraz Kefi
 
 

Commentaires 

 
+1 #5 Diplomates chevronnés
Ecrit par khammous     09-04-2012 18:50
On ne se découvre pas diplomate à la faveur d'un lien de parenté ou de filiation mais par la compétence et le doigté..N'importe qui ne peut devenir diplomate en un tour de magie ...
 
 
+1 #4 Bouchlaka
Ecrit par mokh     08-04-2012 09:29
Ce ministre est complexé, peut etre de son nom de famille " Bouchlaka "

Il voulait échappé de son nom " Bouchlaka ", alors il tombe dans une politique (...)c'est à dire d'un complexe d'infériorité à un complexe de supériorité.

Tu peut etre celui que tu veux, mais n'est pas rendre " (...)" les Tunisiens.Il faut aller vers le monde civilisé avec qui nos interets sont liés et pas vers les 00 qui pretendent qui sont nos frères et ils servent les occidentaux et veulent nos enpecher de collaborer avec eux ???

A mon avis tu ne peux pas etre un Ministre des affaires étrangeres de la Tunisie.

Réveilles toi Mr Bouchlaka
 
 
0 #3 Censurez
Ecrit par Dutrou     07-04-2012 14:52
Vous ne semblez pas apprecier le fait que la diplomatie est en fait un jeu de calculs politiques
 
 
+3 #2 il nous prend pour une chléka?
Ecrit par Royaliste     07-04-2012 02:28
33% des échanges commerciaux de la Tunisie se font avec l’Union Européenne.

l'Europe c'est
55,4% de nos Importations
74,7% de nos Exportations

ce sont les chiffres du ministère du commerce tunisien

commerce.gov.tn/.../...
 
 
-1 #1 Que ne faut il pas lire!
Ecrit par Dutrou     06-04-2012 23:34
Il faut vraiment etre abruti pour ne pas comprendre que la diplomatie EST justement un art de calculs politiques!
Quelle desolation!
 
Ces commentaires n'engagent que leurs auteurs, la rédaction n'en est, en aucun cas, responsable du contenu.

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